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Copyright Sâdhana

Regarder le cyprès dans la cour

Thich Nhat Hanh - J-C Lattès - 2021 - 230 pg

ou regarder de si près la cour la réédition de l'ouvrage Clés pour le zen paru en 1999 aux mêmes éditions ?? En 6 chapitres plus un épilogue poétique (43 kong-an) on passe de la pratique de la PC  (que j'abhorre ce terme désignant plutôt la pleine présence d'esprit attentif) qui n'est nullement ma tasse de thé (2 è chapitre) même entre slogan de Bodidharma et interdépendance, non-soi et instant de l'éveil. Le langage du zen est particulier et parfois abscons : doigt qui montre le lune, rencontre meurtrière avec le Bouddha, le mou (qui n'est pas un non mais le vide) de Tchao-Tchéou ( le maître de la voie ordinaire) qui permet d'entrer dans le cercle avec un esprit mûr. Entre principe de non-dualité et relation interdépendance, lampe et écran (5 principes ), la montage est une montage et la rivière une rivière selon la réalité elle-même, sont cités également Gunabhadra, Houei-Neng, Huangpo, Lin-tsi, Wou-men, Nagarjuna et ses 8 négations... et de multiples maîtres vietnamiens (prunier oblige !!.), entre vipalka et upaya, vide et interdépendance. Le zen est né à partir de la Chine (Bodidharma) entre écoles du Nord - Pei Tsoung - illumination graduelle et du Sud - Nan Tsoung - illumination soudaine, parmi les 5 principales se répandant ultérieurement dans le Japon et  dans le monde occidental, ne pas oublier l'influence déterminante de C-G. Jung et D-T. Suzuki. La notion de vide représente le retour fondamental à la source  de la conscience-connaissance, entre sujet-objet, 3 portes de la libération et 8 négations de Nagarjuna, afin de pénétrer le tathata dans la voie du milieu selon les processus d'illumination auxquels mène l'école Vijnanavada (rien qu'esprit) ou Cittamatra, prenant alaya comme base  dans la classification  des dharmas. Le zen se pratique de différentes façons: que ce soit la vie monastique (selon Po-tchang 8è s.), les retraites (sesshin plus ou moins longues de 1 à 7, 3 à 9 jours ou plus), les entretiens (mondo avec le maître, ), les teishos, parsemés de koâns. On retrouve divers soutrâs : Prajna paramita, Lankavatara, Avatamsak, Vajracchedika, Sandhinirmoccana, Saddharmapundarika..., différentes écoles Vijnanavada (5 classifications des dharmas - 6 non-conditionnés), Sautantrika, Madhyamika, Sarvastivada, Pudgalavada... dans un retour à la source du Tathata par l'alaya en sus du manovijnana. lors l'avenir du Zen: spiritualité contre technocratie, consumérisme outrancier, par la non-violence, le non-agir , la simplicité. Le Me Claude Durix en avait donné " 100 pour comprendre le Zen " (il y a plus de 20 ans au Courrier du Livre), TNH n’en donne que 42, avec sa Pleine Conscience en toile de fond. Même s’il commence par le koân de la fameuse tasse de thé, et si la montagne est toujours une montagne en fonction des empreintes du Vide, qu’elles soient du Nord ou du Sud, je ne suis point arrivé " si près " de la cour des miracles du Vijñânavâda (école beaucoup plus conceptualisante que celle du Yogacâra, développant quant à lui, plus pragmatiquement, la même finalité), avec ses 100 dharmas en prime pour " récupérer l’Homme ", a fortiori quand le doigt fait écran entre la lampe et la lune. Le discours peut paraître plaisant, les références aux soûtras ne manquant pas (sans un glossaire qui aurait été particulièrement à propos ici dans leur multiplicité), mais il y a des erreurs grossières comme le Mû du chien qui n’a jamais été un Non, mais la Vacuité ouverte à ..., il y a neuf et non huit vijñânas, ce parmi beaucoup d’autres détails flottants qui m’ont laissé perplexe quant à la rigueur d’un tel enseignement didactique, contrastant singulièrement avec la convivialité de " la Sérénité de l’Instant ". Ayant terminé cet ouvrage hautement intellectualisant, parsemé de nombreux schémas et diagrammes destinés à représenter notre nature de Bouddha et l’indicible Tathatâ que je n’ai point réussi, conscience ou connaissance aidant, à " pénétrer " (au lieu de s’en imprégner qui aurait été plus correct), même en ayant rencontré le Bouddha que je n’ai pas tué, je me suis contenté d’aller laver mon bol, méditant sur l’impermanence de la nature de Bouddha que chacun porte en lui et sur la complexité d’un tel ouvrage. Au fait, ne suis-je peut-être pas assez Zen, allez savoir !

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