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Bouddhisme

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Révolution intérieure (la)

Thurmann R. - Guy Trédaniel - 1998 - 333 pg

Vous n’êtes pas sans vous rappeler à quel point j’avais apprécié sa traduction du Livre des Morts tibétain, qui contrastait singulièrement avec la rigidité de celle d’Evans-Wentz. C’est, avec cette impression sous-jacente, que j’ai abordé avec beaucoup de sérieux et d’intérêt ce nouveau livre. Certes, la révolution intérieure a inspiré beaucoup d’auteurs et fait coulé beaucoup d’encre et on était en droit de se demander : " Quoi de neuf Pr. Thurmann ? " : la résonance morphique de Sheldrake, l’éducation de l’Eveil qui offrant une critique des idées autoritaires, libère les individus d’une obéissance aveugle ( à l’égard des lamas … ?), la société n’étant que la somme des intérêts individuels réunis dans un tout collectif, la précision selon laquelle le Bouddha souhaitait que les gens soient libres, selon laquelle ce même Bouddha enseigné le besoin de libération des systèmes de croyances afin de développer la force de la sagesse critique. Donc, après l’introduction et la description des bases de l’émergence de quelque chose dont on peut être sûr qu’il ne s’agissait pas d’une religion, l’auteur aborde la quête du moi ou plutôt tout ce que l’ego englobe sans " guide du consommateur ", cet ego indécollable qui nous fait marcher à la mesure de ses diktats, illusions ou attachements. Ce chapitre est bien tourné et plus d’un/e se reconnaîtra. Viennent ensuite les révolution tranquille et royale, la première est celle du Bouddha, la seconde du roi Ashoka. Dans la première, pas si tranquille que cela par les " dérangements de l’opinion " que suscita la volonté du Bouddha de faire table rase des différences entre les hommes, la création de l’ordre des moines mendiants rappelant par l’offrande du repas que la so-ciété existe pour servir l’individu et pour se libérer de l’ignorance. Celle qui consiste à croire qu’en se convertissant à une religion quelconque on se rapproche de la liberté. Même si, par la suite, ces ordres monastiques croulèrent sous les donations mobilières et immobilières échappant par leur statut privilégié aux impôts royaux, le mérite du Bouddha fut de faire accepter l’intrusion de cette nouvelle institution sans visée matérielle. Ensuite R.T d’aller de son couplet sur la per-sonnalité d’Ashoka, roi lucide, éclairé et généreux comparable dans les temps moderne à un Mahatma Gandhi. Il nous livre les cinq préceptes de sa polit-ique vers l’Eveil tous axés dans sa foi en l’individu, dans lesquels la non-violence et l’éducation jouent un rôle primordial. Après quoi vient l’étude de l’âme de l’Eveil avec un néologisme anglo-saxon " le bouddhavers " dans laquelle il est rappelé que le Bouddha a énoncé que chaque avait en soi le potentiel pour devenir ce qu’il est devenu, ce en particulier avec les sept étapes de méditation d’Asanga et les stances de Shantideva. La force de l’héroïsme tranquille nous relate les hauts faits moraux et spirituels du roi Udayi conseillé par Nagarjuna, dans l’application de la tolérance en 6 points, héroïsme face à la colère, à la haine destructrices de tolérance, passions dont il nous explique les mécanismes. Le passage sur les effets nocifs de la dépendance envers la compétition et la compétitivité omniprésente dans la vie de chacun/e sont dépendance dénoncée avec vigueur tout comme les institutions sportives les générant, le CIO en prend pour son grade (professionnel et non amateur !). Phénomène tout aussi destructeur que l’avidité et la recher-che de (sur)profits immédiats. Jusqu’à présent, le propos était impartial, objectif, dénué de tout hégémonisme, mais quand les adeptes " psychonautes " s’en mêlent, on nage dans le grandiloquent à l’image des grands 5è, 13è, 14è, dans la comparaison entre le Potala et Versailles, dans la suprématie incontestée de la tradition tibétaine de l’Eveil, découvreuse des dimensions micro et macro-cosmique de l’être dans un monde dont il est l’artisan. Qu’il compare les aspirations bouddhiques à celle Washington, Franklin et Jefferson me semble un peu simpliste, toute comme l’harmonie d’une réalité bouddhaverselle, en oubliant notoirement les exactions commises par les armées tibétaines envers ses voisins du 10è au 12è pour passer directement au 13è ! En ne mentionnant ni les rivalités sanglantes entre bonnets jaunes et rouges pour le pouvoir religieux, ni les disparitions inexpliquées de hauts dignitaires rivaux encombrants, on se croirait, langue de bois à l’appui, au Vatican ou sous l’Inquisition. Cher homonyme Bob, votre épilogue en trente points m’a aussi laissé rêveur que le dernier chapitre espoir pour le troisième millénaire, dans son inféodation, pieds et poings liés à la cause tibétaine, à votre dévotion envers l’actuel D-L en oubliant qu’il y eut des Me Eckhart, H. de Bingen, Rûmi, Rinzaï qui influencèrent la révolution intérieure. La vôtre mérite sans conteste le détour par son réalisme pragmatique éclairé et éclairant des premiers six chapitres .

Ndl : 723
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